Aube : Rillette, la laie sauvée de la chasse mais menacée d’euthanasie

Recueillie blessée après une chasse, la laie Rillette est menacée d’euthanasie pour non-conformité légale. Soutenue par une pétition et un élan médiatique, Élodie Cappé lutte pour sauver l’animal.

C’est une histoire à la croisée des chemins entre humanité et réglementation, qui soulève des débats passionnés. Rillette, une femelle sanglier, a trouvé refuge chez Élodie Cappé, éleveuse dans l’Aube, après s’être échappée d’une partie de chasse en Avril 2023. Blessée, elle a été soignée et installée dans un enclos adapté. Aujourd’hui, ce sauvetage se heurte à un mur administratif : les autorités envisagent l’euthanasie de l’animal, rappelant son statut d’espèce sauvage.

Un sauvetage devenu un casse-tête administratif

Rillette était condamnée lorsqu’Élodie l’a recueillie. L’éleveuse, sensible à l’état de l’animal, l’a soignée et lui a offert un espace aménagé, espérant qu’elle puisse trouver une solution pérenne. Pourtant, malgré ses efforts pour respecter la loi, elle raconte avoir été confrontée à une impasse.

J’ai appelé tous les organismes. Ils se renvoyaient la balle. Ils m’ont dit : plombez-la, ça ne sert à rien. Il fallait lui trouver une place dans un parc, mais personne n’en voulait. Et maintenant, elle est imprégnée de nous.

Élodie Cappé, éleveuse dans l’Aube

Malgré ses démarches pour reloger Rillette dans un parc ou une structure spécialisée, aucune réponse favorable ne lui a été donnée. Les autorités soulignent que, selon l’arrêté ministériel du 8 Octobre 2018, « la détention d’un animal sauvage n’est permise que s’il provient d’un élevage reconnu ». Ce n’est pas le cas de Rillette, dont l’histoire tragique la place en dehors des cadres légaux.

Un engouement médiatique et populaire

La situation de Rillette aurait pu rester discrète, mais elle a pris une tout autre ampleur le 10 Décembre 2023. Désespérée, Élodie a contacté Julien Courbet, connu pour sa capacité à mobiliser l’opinion publique. Dans son émission « Ça peut vous arriver » sur RTL, il fait de ce combat son cheval de bataille.

Dans le même temps, une pétition, Sauvez notre laie sanglier de Chaouce : mascotte en danger !, connaît un succès fulgurant : elle a déjà rassemblé plus de 45 000 signatures. Les réseaux sociaux s’embrasent sous les hashtags #SauvezRillette et #VivreEnsemble, relayant massivement l’histoire. Localement, la sénatrice de l’Aube, Vanina Paoli-Gagin, soutient également Élodie en contactant les administrations concernées pour tenter de trouver une issue.

Un débat entre règles et compassion

Face à la pression médiatique et populaire, la préfecture de l’Aube a publié un communiqué rappelant que « la loi interdit la détention d’animaux sauvages dans ce type de situation ». Mais ce cadre légal rigoureux divise. Si certains estiment qu’il est nécessaire de respecter la réglementation pour des raisons de sécurité et de préservation des espèces, d’autres dénoncent un manque de flexibilité face à un cas exceptionnel.

L’affaire a été portée devant le parquet, qui doit statuer sur le sort de Rillette. Élodie espère encore une solution alternative, comme un placement en parc animalier. Alors que l’enquête suit son cours, une chose est certaine : l’histoire de Rillette continuera d’interpeller bien au-delà des frontières de l’Aube.

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