Attaques ciblées contre les prisons : Les enquêteurs remontent une filière liée au narcobanditisme

Les attaques contre des prisons et agents pénitentiaires seraient liées à un réseau de narcotrafiquants, dissimulé derrière le groupe « DDPF ». Vingt-et-un suspects ont été mis en examen, dont certains déjà incarcérés.

L’affaire des attaques coordonnées contre le système pénitentiaire prend une nouvelle tournure. Les services d’enquête, désormais persuadés d’un lien avec les réseaux de trafic de drogue, ont franchi une étape décisive. Vingt-et-une personnes ont été mises en examen ce Vendredi 2 Mai 2025 à Paris (Île-de-France), après une vague d’interpellations à travers tout le pays. La section antiterroriste du parquet, initialement saisie, a transmis le dossier à la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée.

Trente suspects ont été arrêtés dans le cadre d’une opération de grande ampleur, mobilisant plus de 300 enquêteurs et plusieurs unités spécialisées, dont la brigade de recherche et d’intervention et le RAID. L’enquête porte sur une série d’agressions visant des établissements pénitentiaires, des surveillants, leurs domiciles ou leurs véhicules. Ces incidents, apparus à la mi-Avril 2025, ont rapidement été revendiqués par un groupe agissant sous le nom « défense des droits des prisonniers français ».

Des liens avec la grande criminalité

Selon les éléments collectés, l’organisation « DDPF » s’appuie sur un système de diffusion via Telegram pour inciter à l’action. Des messages d’appel à des actes violents y étaient publiés, promettant rémunération à ceux qui acceptaient de passer à l’acte. Les autorités estiment que ce mode opératoire est typique de celui employé par des réseaux criminels, notamment ceux du narcobanditisme, pour externaliser certaines missions.

L’un des suspects majeurs dans cette affaire serait un détenu de 22 ans incarcéré à Avignon (Vaucluse), déjà poursuivi pour meurtre. Il est soupçonné d’avoir orchestré une partie des opérations depuis sa cellule. Ce dernier pourrait être à l’origine de la création du canal Telegram « DDPF » et du manifeste revendiquant les actions. Il serait lié à la « DZ Mafia », une organisation criminelle marseillaise.

Les magistrats ont retenu des chefs d’inculpation lourds : « tentative d’assassinat en bande organisée », « destructions dangereuses », et « participation à une association de malfaiteurs ». Deux mineurs figurent parmi les personnes mises en examen. « Les profils des exécutants varient, mais certains sont décrits comme de simples exécutants », recrutés pour leur proximité géographique avec les cibles ou leur vulnérabilité.

Trois autres détenus, également proches des réseaux de grande criminalité, sont soupçonnés d’avoir joué un rôle central en relayant les instructions et en sélectionnant les cibles parmi les agents pénitentiaires ou leurs infrastructures.

Les autorités ont exclu toute motivation idéologique ou terroriste

Après examen approfondi, les autorités judiciaires ont exclu toute motivation idéologique ou terroriste derrière ces actes. Ni radicalisation, ni ingérence étrangère n’ont été établies. Dès lors, le parquet national antiterroriste a cédé la conduite du dossier à la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée, compétente pour les affaires relevant du crime organisé à grande échelle. Une information judiciaire a été officiellement ouverte.

Une procédure distincte, bien qu’aux faits similaires, est en cours à Lyon (Rhône), impliquant un adulte et un adolescent. Aucun lien formel avec l’enquête principale n’a pu être établi à ce stade. En revanche, plusieurs incidents survenus à Tarascon (Bouches-du-Rhône) et Villefontaine (Isère) ont été rattachés à l’enquête principale, les connexions avec le réseau « DDPF » ayant été mises en évidence.

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