Mesnil-Amelot : Procès d’un sans-papiers accusé d’agression sexuelle renvoyé

L’audience d’un sans-papiers congolais accusé d’agression sexuelle au CRA du Mesnil-Amelot a été renvoyée au Vendredi 27 Juin 2025, le prévenu étant resté totalement mutique. Une expertise psychiatrique a été ordonnée.

L’audience du tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) devait se pencher ce Lundi 19 Mai 2025 sur un dossier délicat et inquiétant : celui d’un homme de 49 ans, sans-papiers congolais, accusé d’agression sexuelle au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Mais face au silence total du prévenu, les juges ont décidé de renvoyer le procès au Vendredi 27 Juin 2025.

Déjà condamné à six reprises, dont une pour agression sexuelle, le quadragénaire était présenté en comparution immédiate pour des faits survenus le Mardi 13 Mai 2025. Depuis le Samedi 5 Avril 2025, il se trouvait au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, après avoir purgé une peine de prison. Il fait également l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.

« C’est juste le fait de le voir »

Durant l’audience, le prévenu est resté mutique, esquissant seulement un sourire énigmatique, sans prononcer un mot. Une attitude déroutante pour le tribunal, qui n’a cependant pas connu de débordement cette fois : contrairement à un épisode survenu quelques jours plus tôt au dépôt du palais de justice, l’homme ne s’est pas dénudé dans le box des prévenus. Ce Vendredi 16 Mai 2025, lors de sa garde à vue, il avait nécessité l’intervention d’un magistrat en cellule, après s’être entièrement déshabillé.

La victime présumée, une policière en fonction au centre de rétention administrative, était présente dans la salle mais n’a pu témoigner à la barre. Visiblement bouleversée, elle a simplement déclaré : « C’est juste le fait de le voir ».

Une expertise psychiatrique en question

Face à ce profil complexe, l’avocate de la défense, Me Caroline Desré, a réclamé « une expertise psychiatrique ». Elle a souligné que « le psychiatre de garde à vue s’était contenté d’un examen sommaire, sans entendre le prévenu ». Or, en 2018, le tribunal correctionnel de Paris (Île-de-France) l’avait déjà déclaré pénalement irresponsable pour des faits similaires, en raison d’un trouble mental.

Me Desré a également rapporté une déclaration troublante faite par son client durant la garde à vue : « J’ai envie de baiser, j’avais envie de baiser », une phrase qu’elle considère comme révélatrice d’un trouble psychique sévère.

La substitute du procureur, Myriam Khouas, a soutenu le maintien en détention du prévenu, « au nom de la protection de l’ordre public et face à sa dangerosité manifeste ». Les juges ont suivi cette réquisition, tout en accédant à la demande d’expertise psychiatrique. Le procès est désormais reporté au Vendredi 27 Juin 2025.

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