Dermatose bovine : Les agriculteurs maintiennent la pression et prolongent les blocages

Les agriculteurs maintiennent la pression et menacent de poursuivre les blocages pendant les fêtes, dénonçant la gestion gouvernementale de la dermatose bovine, tandis que l’État mise sur la vaccination et le dialogue.

Ce Mercredi 17 Décembre 2025, les agriculteurs ont annoncé leur intention de maintenir les blocages pendant les fêtes de fin d’année, estimant que « le gouvernement ne modifie pas sa stratégie face à la dermatose nodulaire bovine ».

Sur l’autoroute A61 reliant Toulouse (Haute-Garonne) à la Méditerranée et à l’Espagne, les Jeunes agriculteurs de l’Aude ont réaffirmé leur détermination à « ne pas lever les barrages sans réponses concrètes de l’État ». Les mobilisations ont pris des formes diverses à travers le pays, avec des feux allumés sur certaines routes, des blocages ferroviaires, un mur de bottes de paille dressé devant la préfecture de Limoges (Haute-Vienne) ou encore la participation symbolique d’un chef étoilé à une manifestation en Haute-Loire. Selon le Ministère de l’Intérieur, « 80 actions ont été recensées ce Mercredi, mobilisant environ 3 600 personnes, contre 75 la veille, 45 Lundi 15 et 27 Dimanche 14 Décembre 2025 ».

Sur le plan sanitaire, plus d’un million de bovins ont déjà été vaccinés. La majorité de ces vaccinations a eu lieu en Savoie, où l’épizootie a été contenue durant l’été, ainsi que dans les Pyrénées-Orientales, où plus de « 80 % des animaux de la zone réglementée ont été vaccinés après l’apparition des premiers cas à la mi-Octobre 2025 », d’après le Ministère de l’Agriculture.

Le gouvernement mise sur une intensification des campagnes de vaccination dans le Sud-Ouest

Afin de tenter d’apaiser les tensions, une première réunion d’une cellule de dialogue scientifique devait se tenir ce Mercredi soir à Toulouse. Elle rassemble des présidents de chambres d’agriculture départementales, des scientifiques, des vétérinaires et des représentants locaux. L’objectif est d’examiner d’éventuels protocoles alternatifs, sans remettre en cause le niveau de protection sanitaire. Par ailleurs, la mise en place d’un parlement du sanitaire, réunissant l’ensemble des acteurs concernés au Ministère de l’Agriculture, est annoncée pour Janvier 2026, ce qui rend peu probable une inflexion majeure de la stratégie avant cette échéance.

La question d’une vaccination généralisée des 16 millions de bovins français, réclamée par certains syndicats comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne, sera examinée. Toutefois, ses conséquences économiques, notamment sur les mouvements d’animaux et les exportations, devront être évaluées. En attendant, le gouvernement mise sur une intensification des campagnes de vaccination dans le Sud-Ouest et a durci son discours concernant les mouvements illégaux d’animaux, soupçonnés d’avoir contribué à la propagation récente de la maladie en Occitanie. Cette région concentre à elle seule 25 des 113 foyers recensés en France depuis juin.

Les autorités rappellent que le transport illégal de bovins est passible d’une amende de 750 euros par animal, tandis que la non-déclaration d’un animal malade peut entraîner jusqu’à 15 000 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement si cela conduit à une extension de la maladie. Malgré les appels au calme lancés par la Ministre de l’Agriculture à l’approche de Noël, les syndicats agricoles les plus mobilisés affirment leur volonté de poursuivre les actions et les blocages, y compris pendant les fêtes si nécessaire.

Enfin, l’attention se tourne désormais vers Bruxelles. Ce Jeudi, plusieurs milliers d’agriculteurs européens sont attendus pour manifester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qu’ils jugent menaçant pour les productions agricoles européennes face à la concurrence de produits sud-américains, notamment le bœuf et la volaille.

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