Hagenbach : Un enfant de 9 ans séquestré plus d’un an dans une camionnette, son père incarcéré

Un enfant de 9 ans a été retrouvé séquestré pendant plus d’un an dans une camionnette à Hagenbach, dans un état de dénutrition extrême. Son père a été incarcéré, tandis que l’enquête tente d’éclaircir cette affaire glaçante.

L’horreur d’une séquestration d’enfant, révélée presque par hasard, bouleverse l’opinion publique. Un garçon de 9 ans a été découvert, ce Lundi 6 Avril 2026, enfermé depuis des mois dans une camionnette, dans des conditions qualifiées d’atroces par le parquet de Mulhouse (Haut-Rhin). Son père, âgé de 43 ans, a été mis en examen et incarcéré.

Tout commence lorsqu’une habitante d’Hagenbach (Haut-Rhin), près de Mulhouse, alerte les autorités après avoir entendu des bruits suspects provenant d’un véhicule stationné dans une cour privée. Sur place, les gendarmes découvrent un enfant nu, recroquevillé en position fœtale, allongé sur des déchets, à proximité d’excréments.

Pâle, dénutri, incapable de marcher en raison de sa position prolongée, le garçon est immédiatement hospitalisé. Selon le procureur Nicolas Heitz, l’enfant est désormais « en sécurité », mais son état physique et psychologique suscite une vive inquiétude.

Une séquestration de longue durée

Le père reconnaît les faits. Il affirme avoir enfermé son fils dans la camionnette à partir de l’automne 2024, prétendument pour le protéger d’une hospitalisation psychiatrique souhaitée par sa compagne. Selon les premiers éléments de l’enquête, « l’enfant aurait vécu dans ce véhicule pendant plus d’un an ».

Il y recevait de la nourriture et de l’eau deux fois par jour. Privé d’hygiène, il devait faire ses besoins dans des contenants de fortune. Une caméra de surveillance installée par le père confirmait ses allées et venues régulières.

L’enfant a également déclaré avoir été autorisé à sortir ponctuellement, notamment durant l’été 2025, lorsque le reste de la famille était absent.

Une compagne mise en cause

La compagne du père, âgée de 37 ans, a elle aussi été mise en examen pour non-assistance à mineur en danger et non-dénonciation de mauvais traitements. Elle affirme avoir « ignoré la présence de l’enfant dans le véhicule », bien qu’elle ait reconnu avoir entendu des bruits suspects.

Placée sous contrôle judiciaire, elle a interdiction d’entrer en contact avec les enfants et de se rendre sur les lieux. Les voisins, comme la famille du couple, assurent ne pas avoir su. Certains évoquent « des bruits entendus à plusieurs reprises », attribués à un animal. L’enfant avait en effet disparu du jour au lendemain, sans que cela n’alerte davantage.

Une enquête ouverte

Le parquet évoque un travail d’investigation considérable pour établir précisément les faits et d’éventuelles responsabilités supplémentaires. Des expertises psychologiques ont été ordonnées afin d’évaluer le traumatisme subi par l’enfant.

Aucun élément ne vient, à ce stade, confirmer les prétendus troubles psychiatriques invoqués par le père. Au contraire, l’enfant, auparavant scolarisé à Mulhouse, présentait de très bons résultats scolaires.

L’affaire, d’une violence extrême, soulève déjà de nombreuses questions sur les failles de détection et de protection de l’enfance.

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