MacBook vendu sur eBay : Un vendeur conteste le remboursement d’un acheteur qui affirme avoir reçu un colis vide

Vicken affirme avoir perdu son MacBook Air M3 et le montant de sa vente après que l’acheteur a déclaré avoir reçu un colis vide. Ses soupçons se portent désormais sur l’acheteur. Il a saisi le médiateur de la FEVAD.

Début Août 2026, un vendeur pensait réaliser une transaction classique en mettant en vente son MacBook Air M3 sur eBay. Quelques semaines plus tard, il affirme avoir perdu son ordinateur et le montant de la vente après que l’acheteur a déclaré avoir reçu un colis vide. Le vendeur, Vicken, qui a contacté la rédaction des Éditions Allo17, dénonce aujourd’hui la gestion de son dossier par la plateforme et dit avoir engagé plusieurs démarches.

Le MacBook Air M3 avait été vendu 804 euros, auxquels s’ajoutaient 15 euros de frais de port. Le paiement avait été effectué directement par l’intermédiaire d’eBay et les fonds restaient temporairement retenus par la plateforme dans l’attente du bon déroulement de la transaction.

L’ordinateur devait être expédié depuis Paris (Île-de-France) vers une marina située dans le Sud de la France. Le colis devait être réceptionné en capitainerie avant d’être remis à l’acheteur, qui résidait, selon le témoignage transmis à notre rédaction, sur un bateau.

Un colis photographié et pesé avant son expédition

Avant l’envoi, le vendeur explique avoir pris plusieurs précautions. Le MacBook avait été replacé dans sa boîte d’origine avec son chargeur, son câble et ses documents, puis l’ensemble avait été installé dans un carton renforcé. Le vendeur affirme avoir « soigneusement scellé le colis avec plusieurs bandes de ruban adhésif marron disposées sur les différentes arêtes du carton ». Une précaution qui prendra une importance particulière par la suite : il avait photographié le colis fermé sous plusieurs angles.

Au bureau de poste, il dit également avoir photographié le carton sur la balance. Le poids affiché était de 2,106 kg, également indiqué sur l’étiquette Colissimo. L’envoi avait été effectué avec remise contre signature et accompagné d’une assurance ad valorem couvrant le contenu jusqu’à 800 euros. Quelques jours plus tard, l’acheteur lui annonce pourtant que le MacBook n’était pas dans le colis. Selon celui-ci, seuls le chargeur, le câble et les documents se trouvaient encore à l’intérieur.

Le vendeur relève des différences sur l’emballage

Des photographies du colis ouvert ont alors été communiquées au vendeur. En les comparant avec celles prises avant l’expédition, Vicken affirme avoir « constaté une différence dans la disposition du ruban adhésif sur une partie du carton ».

Selon son analyse, « certaines bandes auraient été décollées puis repositionnées avec un léger décalage ». Dans un premier temps, le vendeur avait envisagé l’hypothèse d’une ouverture du colis pendant son acheminement. Ses soupçons se portent désormais sur l’acheteur.

Il entreprend alors des démarches auprès de La Poste. Selon le témoignage transmis aux Éditions Allo17, l’opérateur lui aurait indiqué que le colis avait conservé un poids strictement identique de 2,106 kg tout au long de son acheminement et jusqu’à sa livraison. Au regard de cet élément, Vicken considère désormais que l’hypothèse d’un vol pendant le transport est écartée.

Même si la responsabilité de La Poste est aujourd’hui écartée par le vendeur dans son cas précis, Vicken s’interroge sur le fonctionnement de l’option « assurance ad valorem » souscrite lors de l’expédition. Selon lui, La Poste refuse toute indemnisation tant que sa responsabilité directe dans la disparition du contenu n’est pas formellement démontrée par le client. Il questionne ainsi l’intérêt concret de cette option dans les situations complexes où la disparition d’un bien est signalée sans qu’il soit possible d’établir avec certitude à quel moment elle s’est produite.

Une vidéo de déballage que le vendeur dit n’avoir jamais reçue

L’acheteur aurait également affirmé disposer d’une vidéo montrant l’ouverture du colis et l’absence de l’ordinateur. Vicken assure l’avoir réclamée à plusieurs reprises sans jamais pouvoir la consulter. Selon son récit, l’acheteur aurait d’abord expliqué ne pas pouvoir transmettre une vidéo par l’intermédiaire de la messagerie eBay, avant d’indiquer que les forces de l’ordre lui auraient demandé de ne plus communiquer avec le vendeur.

Dans le cadre du litige, eBay aurait ensuite reçu de l’acheteur un document présenté au vendeur comme provenant des forces de l’ordre. La nature précise et le contenu de cette pièce ne sont toutefois pas connus de la rédaction des Éditions Allo17. Le vendeur suppose qu’il pourrait s’agir d’un document lié à un dépôt de plainte, mais cette hypothèse ne peut pas être confirmée.

C’est principalement la gestion du litige par eBay que dénonce aujourd’hui Vicken. Il explique avoir multiplié les échanges avec le service client afin de transmettre ses photographies, les informations concernant le poids du colis et les autres éléments dont il disposait.

D’après les échanges qu’il relate, un conseiller lui aurait dans un premier temps indiqué que de nouveaux éléments pouvaient être communiqués afin de permettre un réexamen du dossier. Le même interlocuteur lui aurait ensuite annoncé que la décision ne pouvait plus être modifiée en raison du document fourni par l’acheteur.

eBay a finalement procédé au remboursement des 819 euros correspondant au prix du MacBook et aux frais d’expédition, selon le vendeur. Vicken affirme par ailleurs que la plateforme lui réclame désormais environ 85 euros de frais liés à la transaction, alors qu’il dit avoir perdu à la fois son ordinateur et le produit de la vente.

Les Éditions Allo17 rapportent ici le témoignage et les éléments communiqués par le vendeur. À ce stade, les circonstances exactes de la disparition alléguée du MacBook et la responsabilité éventuelle des différentes parties ne sont pas judiciairement établies.

Une plainte déposée et plusieurs recours engagés

Face à cette situation, le vendeur indique avoir déposé une plainte par l’intermédiaire de THESEE, le dispositif permettant notamment de signaler certaines escroqueries commises sur Internet. Une mise en demeure aurait également été adressée au siège d’eBay France. Selon Vicken, le délai accordé dans ce courrier est arrivé à échéance sans réponse.

Le vendeur indique avoir désormais saisi le médiateur de la FEVAD afin de poursuivre sa contestation. Il prévoit également d’effectuer un signalement auprès de SignalConso. Il explique par ailleurs avoir découvert sur les réseaux sociaux d’autres témoignages de vendeurs relatant des litiges présentant certaines similitudes, notamment des acheteurs déclarant avoir reçu un colis vide. Ces similitudes ne permettent cependant pas, à elles seules, d’établir que les différentes affaires sont liées ou reposent sur un même procédé frauduleux.

La situation rapportée par Vicken rappelle qu’une vente réalisée par l’intermédiaire d’une plateforme reconnue n’élimine pas totalement le risque de litige entre acheteur et vendeur. Pour les produits de valeur, conserver des preuves aussi précises que possible peut devenir déterminant. Photographier l’objet en fonctionnement, son numéro de série, son état, ses accessoires ainsi que les différentes étapes de l’emballage permet de constituer un dossier en cas de contestation.

Le poids du colis constitue également une donnée importante. Il est conseillé de conserver le justificatif d’expédition sur lequel figure le poids enregistré lors du dépôt et, lorsque cela est possible, de photographier la pesée. Une différence de poids relevée pendant le transport peut contribuer à déterminer à quel stade une anomalie est susceptible d’être survenue.

Le carton peut également être fermé de manière permettant d’identifier plus facilement une éventuelle ouverture. Des photographies nettes de toutes ses faces, de ses scellés et de l’étiquette de transport doivent idéalement être conservées jusqu’à la clôture définitive de la transaction. Pour un appareil électronique coûteux, il est également utile de conserver la facture d’achat et le numéro de série ou tout autre identifiant permettant d’identifier précisément le produit.

Enfin, les échanges et le paiement doivent rester sur les outils officiels de la plateforme. En cas de litige, il est préférable de conserver l’intégralité des messages, courriels, justificatifs d’expédition et décisions communiquées par les différents intervenants. Lorsqu’une escroquerie est suspectée, ces éléments peuvent ensuite être transmis aux forces de l’ordre, à la plateforme concernée et, selon la situation, aux organismes de médiation ou de protection des consommateurs.

Le témoignage de Vicken illustre surtout une difficulté : une fois qu’un acheteur et un vendeur donnent deux versions contradictoires de la réception d’un colis, les preuves constituées avant même son expédition peuvent devenir essentielles pour tenter de retracer précisément ce qui s’est produit.

L’affaire a depuis bénéficié d’une exposition nationale. Elle a fait l’objet d’un sujet consacré à ce litige au journal de 20 heures de France 2, le Dimanche 27 Septembre 2026.

Cet article vous a plu ? Faites-le découvrir autour de vous en le partageant !
Allo17.fr Bretagne
Allo17.fr Bretagne

Les actualités de la région Bretagne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *