Quatre hommes ont été mis en examen à Bordeaux pour viols avec actes de torture dans le milieu libertin. Les faits, étalés de 2011 à 2024, impliquent cinq victimes. L’absence de consentement est clairement établie.
Quatre hommes ont été mis en examen pour des viols aggravés à Bordeaux (Gironde), incluant des actes de torture ou de barbarie, dans un cadre présenté comme libertin mais où le consentement des victimes était totalement absent.
Selon le procureur, « les faits se sont déroulés sur une période allant de 2011 à 2024 ». À ce jour, « cinq victimes âgées de 45 à 67 ans ont été recensées ». Toutes décrivent des viols collectifs perpétrés sous emprise psychologique, souvent filmés, et parfois accompagnés d’actes d’une violence extrême.
L’enquête a été déclenchée en Novembre 2023, après la plainte d’une femme contre son ancien compagnon. Cette dernière a dénoncé des agressions sexuelles répétées, organisées par son partenaire sur une période de trois ans. Elle évoque une véritable stratégie d’emprise psychologique lui ayant ôté toute capacité à consentir librement.
Un réseau élargi mis au jour
L’homme mis en cause en premier, un quinquagénaire employé dans la maintenance, a été arrêté en Juillet 2024. À la suite de cette interpellation, quatre de ses anciennes compagnes ont été entendues. Toutes ont décrit des faits similaires, impliquant les mêmes mécanismes de domination et de coercition.
Les enquêteurs ont par la suite mené une vaste opération d’interpellations, qui a conduit à la mise en examen de trois autres hommes. L’un d’entre eux aurait reconnu avoir eu conscience de l’absence de consentement de sa partenaire, tandis que les autres ont nié toute infraction.
Des vidéos accablantes
Les investigations ont permis de découvrir des dizaines de vidéos au domicile du principal mis en cause. Ces enregistrements, réalisés aussi bien chez lui que dans des clubs libertins de Bordeaux, sur la voie publique ou dans d’autres départements comme l’Hérault et le Gard, montrent des actes d’une extrême violence. Selon le procureur, des « hurlements de douleur » y sont clairement audibles.
L’auteur de ces vidéos admet avoir participé à ces scènes sexuelles avec ses compagnes successives, mais continue d’affirmer qu’elles étaient consenties. Une version démentie par les éléments de l’enquête : le visionnage des enregistrements permet aux autorités de « caractériser l’absence de consentement » des femmes impliquées.
L’avocat du principal suspect, Me Julien Plouton, défend un homme au casier judiciaire vierge, qui se perçoit non comme un criminel, mais comme un adepte de pratiques sexuelles extrêmes. « Il se voit comme quelqu’un dans le plaisir libertin, même si ce sont manifestement des pratiques extrêmes », a-t-il déclaré.
L’avocat estime toutefois que cette affaire met en lumière des dérives plus vastes : « Manifestement, on a déjà des éléments qui ouvrent la voie à des cercles beaucoup plus larges », appelle-t-il à ne pas se limiter à ces quatre mises en examen.
Vers une enquête plus étendue ?
Le parquet, désormais en possession de preuves matérielles substantielles et de témoignages concordants, pourrait élargir ses investigations. Plusieurs autres hommes semblent apparaître dans les vidéos saisies, ce qui laisse entrevoir un réseau de violences sexuelles plus vaste, dissimulé sous couvert d’activités libertines.
Les quatre hommes mis en examen encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Leurs dossiers, désormais entre les mains de la justice, pourraient marquer un tournant dans la manière dont sont appréhendées les dérives au sein de certains cercles sexuels, notamment sur la question cruciale du consentement.





