Ancien policier de Marseille, Julien Palisca est jugé pour viols sur mineurs aux Philippines et détention de milliers d’images pédopornographiques. Ses victimes, entendues depuis Manille, dénoncent des abus commis dès 2018.
L’ancien policier de la brigade de protection des mineurs de Marseille (Bouches-du-Rhône), Julien Palisca, encourt la réclusion criminelle à perpétuité dans le cadre d’un procès pour viols sur des mineurs aux Philippines. Le procès se tient du Lundi 1er au Jeudi 4 Septembre 2025 devant la cour criminelle départementale des à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Les victimes présumées, deux jeunes Philippins âgés de 11 et 13 ans au moment des faits en 2018, seront entendues ce Mercredi 3 Septembre 2025 par la cour en visioconférence depuis Manille. Elles pourraient alors se constituer partie civile. L’ex-fonctionnaire, aujourd’hui âgé de 46 ans et détenu provisoirement depuis quatre ans, comparaît également pour détention de quelque 3 000 images et vidéos pédopornographiques.

Un signalement initial à Marseille
L’affaire remonte à Marseille, lorsqu’une directrice de foyer a signalé qu’un jeune homme de 17 ans, victime de viols, recevait à des heures tardives des messages à connotation sexuelle de la part du policier chargé de son enquête.
Au sein de la brigade des mineurs, ses collègues évoquent un profil gentil et nonchalant, certains se souvenant de son intérêt inhabituel pour des photos d’enquêtes. Malgré les soupçons, Julien Palisca cherchait à les écarter : « Si le loup est dans la bergerie, il faut vite ouvrir une enquête », aurait-il lancé à son chef, qui lui avait adressé une lettre de mise en garde pour ses échanges avec la jeune victime, qu’il surnommait « mon chat ».
Découverte de contenus pédopornographiques et tourisme sexuel
En Juin 2021, une perquisition à son domicile a permis la saisie de milliers d’images pédopornographiques et la mise au jour de recherches ciblant de jeunes garçons, y compris sur le darknet. L’enquête a également révélé qu’il se rendait chaque année aux Philippines, où il présidait la branche française d’une organisation œuvrant à la protection des enfants des rues à Manille.
Les enquêteurs ont retrouvé la trace des deux victimes pour lesquelles il est jugé. Lors d’une commission rogatoire internationale en Février 2024, les deux jeunes orphelins, dormant sur un trottoir à Manille, ont reconnu sur photo le touriste français. En 2018, il avait monnayé des relations sexuelles avec eux, dans un terrain vague puis dans son appartement, pour quelques milliers de pesos. Ces témoignages concordent avec une note écrite par l’accusé en Septembre 2018, relatant de manière détaillée ses agressions sexuelles et viols.
Des signaux d’alerte ignorés
Certains collègues avaient perçu des incohérences, mais c’est en 2020 qu’un mineur a porté plainte, révélant ses agissements. Christophe A., son collègue et ancien binôme, avait depuis longtemps un sentiment diffus que quelque chose n’allait pas. Après plusieurs provocations, il a alerté l’inspection générale de la police nationale en 2021.
L’affaire met en lumière les failles d’un système incapable de détecter les signaux d’alerte. Les collègues, choqués d’avoir été manipulés, ont témoigné de leur stupéfaction face à la duplicité de Julien Palisca, qui avait bâti une véritable carapace sociale. Lorsqu’il a été confronté à ses écrits, l’accusé est resté impassible. Christophe, qui a révélé la pédophilie de son collègue, a été écarté et sanctionné d’un avertissement. Il a dû insister pour que l’enquête avance, malgré de nombreux obstacles de sa hiérarchie.
Il déclarait alors : « On a l’impression que plus on est honnête dans la police, plus on a des problèmes. Il faut que ça change ». Nous saluons la persévérance de ce policier, qui a permis de protéger et sauver plusieurs enfants.






Une histoire que je connaissais pas, merci de l’article Allo17
Bonjour,
Ancien policier à Rennes, je tiens à partager mon constat : nous ne sommes plus libres de dénoncer ce que nous considérons comme incorrect. J’ai travaillé dans une unité spécialisée contre la délinquance, et je faisais mon travail avec sérieux. Pourtant, le commissaire m’a un jour conseillé de partir pour devenir éducateur, plutôt que de continuer mon action sur le terrain.
On a l’impression que l’objectif est désormais de produire des chiffres plutôt que de rétablir un vrai lien entre les forces de l’ordre et les jeunes.
Notre pays ! 🇫🇷