Une free party sur des terres calcinées par les incendies choque habitants et agriculteurs. Dégradations, tensions et amendes rythment la dispersion des 2 500 participants sous l’œil vigilant des gendarmes.
À Fontjoncouse (Aude), une rave-party sauvage organisée depuis le Vendredi 29 Août 2024 sur des terres récemment ravagées par les flammes suscite la colère des élus, des riverains et des agriculteurs. Alors que près de 2 500 personnes se sont rassemblées au plus fort du week-end, la dispersion s’est engagée dans la tension ce Lundi 1er Septembre 2025, sous le contrôle étroit des forces de l’ordre.

Si certains participants ont quitté les lieux sans incident, d’autres ont tenté d’échapper aux contrôles de police en franchissant les champs à pied ou en voiture. « On a fait un tas de terre pour fermer l’accès, pour que ce soit contrôlable. Et pourtant, on voit ce qu’ils ont fait : ils ont arraché la clôture d’un particulier qui a perdu plus de 80 % de son vignoble », déplore Christophe Tena, maire de Fontjoncouse.
📸 PHOTO – Au cœur de la free party dans l’Aude dans la nuit du Lundi 1er au Mardi 2 Septembre 2025.
— Allo17.fr DIRECT (@Allo17FRDIRECT) September 2, 2025
Photo d’un témoin pour @Allo17FR. pic.twitter.com/Qof2pBukUU
Les gendarmes, mobilisés en nombre, ont procédé à de nombreux contrôles, ciblant l’alcoolémie et la consommation de stupéfiants. Même les participants testés négatifs repartaient avec une contravention de 135 euros pour non-respect de l’arrêté préfectoral.

Entre incompréhension et tensions sur le terrain
La tension a fini par monter entre agriculteurs excédés et fêtards. Deux participants affirment avoir retrouvé leurs pneus crevés au couteau. « On leur en veut un petit peu. Après, voilà, c’est plus de l’incompréhension de leur part. On aurait pu discuter », relativise l’un d’eux.
Face aux dégradations, le maire Christian Tena reste amer :
Le pourtour des lieux a été abîmé : des clôtures arrachées, des vignes écrasées par des camions, des champs de céréales et de luzerne piétinés. Certes, le dessus avait brûlé, mais les graines auraient pu repartir avec les pluies. Là, il faut tout retravailler et attendre le printemps.
Christophe Tena, maire de Fontjoncouse
Au niveau national, l’événement ravive le débat sur l’encadrement des free party. Sur RTL, le Ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a plaidé pour une criminalisation de leur organisation, jugeant nécessaire d’aller au-delà de simples contraventions. De son côté, le maire de Fontjoncouse affirme que la fin est proche :
En échange de l’arrêt des débordements, le préfet a obtenu que les teufeurs commencent à quitter les lieux ce Mardi matin. Normalement, la musique sera terminée aujourd’hui.
Christophe Tena, maire de Fontjoncouse






Bonjour, j’ai vue les annonces du Ministre de l’Intérieur concernant les free party. En faire un délit pour ses manifestations je trouve ça pas cool car il y a des manifestations du même genre afin, dans le respect des règles.
Certaines sont organisées, avec des associations ou des membres de l’organisation qui effectue dès vérifications sur le terrain pendant l’événement.
D’autres mettent des sacs poubelles sur les rétroviseurs dès véhicules des participants.
Enfin… j’approuve pas vraiment ce « délit ».