L’affaire Joël Le Scouarnec, chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles sur 312 victimes, majoritairement mineures, est l’un des plus grands scandales de pédocriminalité en France. Condamné à 15 ans en 2020, son procès se poursuit en 2025.
L’affaire Joël Le Scouarnec, surnommée « l’affaire du chirurgien de Jonzac », est l’un des plus grands scandales de pédocriminalité en France, impliquant un chirurgien accusé de viols et d’agressions sexuelles sur des centaines de victimes, majoritairement mineures. Cette affaire, d’une ampleur exceptionnelle, a secoué le système médical et judiciaire français, révélant des failles administratives et une absence de suivi des antécédents d’un médecin condamné.
Cet article traite d’un événement récent ou en cours. En raison de la nature évolutive de l’affaire, le contenu est susceptible d’être mis à jour fréquemment et pourrait ne pas refléter les développements les plus récents. Il peut manquer de recul et évoluer au fur et à mesure de l’avancement de l’affaire. Le titre et la description de l’acte mentionné sont basés sur la qualification juridique en vigueur au moment de la rédaction, mais peuvent être modifiés à mesure que celle-ci évolue. L’article est donc susceptible d’être révisé pour intégrer les dernières informations et ajustements liés à l’évolution de la situation. Dernière mise à jour : 07/06/2025 à 13:11.
Ce que nous savons :
- Identité : Joël Le Scouarnec, chirurgien né en 1950, accusé de viols et agressions sexuelles sur 312 victimes, surtout mineures.
- Condamnations : 4 mois avec sursis (2005, pédopornographie) : 15 ans de prison (2020, 4 victimes).
- Carnets noirs : Journaux intimes décrivant des centaines d’agressions sur 30 ans, découverts en 2017.
- Procès 2025 : Débuté Février 2025, verdict attendu Juin 2025, coût estimé à 3 millions d’euros.
- Profil psychologique : Pervers narcissique, sans empathie, jugé responsable et dangereux.
- Début de l’affaire : Plainte d’une fillette de 6 ans en 2017 à Jonzac.
- Séquelles victimes : Dépression, phobies, suicides : 90 % sans souvenirs des actes.
- Défaillances : Erreurs administratives ont permis à Le Scouarnec d’exercer malgré sa condamnation de 2005.
Dernière mise à jour : 07/06/2025 à 13:11.
Biographie et parcours de Joël Le Scouarnec
Joël Le Scouarnec, né le Dimanche 3 Décembre 1950 dans le 14ème arrondissement de Paris (Île-de-France), est le fils d’un ébéniste et d’une femme au foyer. Élevé à Villebon-sur-Yvette (Essonne), il entame des études de médecine à l’Hôtel-Dieu de Paris, où il rencontre Marie-France Lhermitte, aide-soignante, qu’il épouse en 1974. Le couple aura trois fils. Après son internat à Nantes (Loire-Atlantique) entre 1976 et 1981, il se spécialise en chirurgie digestive et exerce dans plusieurs hôpitaux : Loches (Indre-et-Loire) entre 1983 et 1994), Vannes (Morbihan) entre 1994 et 2003, Lorient (Morbihan) entre 2003 et 2005, Quimperlé (Finistère) entre 2005 et 2008, et Jonzac (Charente-Maritime) jusqu’à sa retraite en 2017. Il effectue également des remplacements à Ancenis (Loire-Atlantique), Flers (Orne) et Le Bailleul (Sarthe) entre 2004 et 2017.
En 2003-2004, il se sépare de sa femme, puis divorce vingt ans plus tard. En 2008, il s’installe seul à Jonzac, où il vit isolé, entouré de poupées sexuelles (plus de 70 en trente ans), et sombre dans l’alcoolisme, consommant jusqu’à un litre de whisky par jour. Son hygiène se dégrade, au point que des collègues se plaignent de son odeur corporelle.

Profil psychologique
Entre 2017 et son second procès en mai 2025, Joël Le Scouarnec fait l’objet de multiples évaluations psychologiques. Celles-ci révèlent une absence de pathologie psychiatrique, mais une personnalité marquée par un manque d’empathie et de compassion envers ses victimes, qu’il considère comme des objets pour satisfaire ses pulsions. Les experts notent des traits obsessionnels, une perversion narcissique et concluent qu’il est « totalement responsable de ses actes » et « toujours dangereux ».
Première condamnation : Pédopornographie en 2005
En 2004, dans le cadre de l’Opération Falcon, le Federal Bureau of Investigation (FBI) identifie des paiements effectués par Joël Le Scouarnec sur trois sites pédopornographiques. En Octobre 2005, le tribunal correctionnel de Vannes le condamne à quatre mois de prison avec sursis pour détention et importation d’images pédopornographiques. Cependant, cette condamnation est inscrite tardivement à son casier judiciaire, ce qui lui permet de poursuivre sa carrière sans interdiction d’exercer auprès de mineurs.
En 2006, malgré un signalement du psychiatre Thierry Bonvalot à l’Ordre des médecins et à la direction de l’hôpital de Quimperlé, des erreurs administratives permettent à Le Scouarnec d’être titularisé à Quimperlé, puis à Jonzac en 2008. La directrice de l’hôpital de Jonzac justifiera plus tard cette embauche par une pénurie de médecins et l’absence de mention d’agressions physiques dans sa condamnation. En 2022 et 2023, l’association La Voix de l’Enfant portera plainte pour « non-obstacle à la commission d’infraction » et « mise en danger d’autrui » face à cette inaction.
Condamnation pour viols et agressions sur quatre mineures en 2020
En 2017, une fillette de six ans, voisine de Le Scouarnec à Jonzac, dénonce des agressions sexuelles et une exhibition. Cette plainte marque le début de l’affaire. En Mai 2017, Le Scouarnec est placé en détention provisoire à Saintes. En Mars 2020, il est jugé par la cour d’assises de Charente-Maritime pour viols et agressions sexuelles sur quatre mineures : deux nièces, une jeune patiente de l’hôpital de Loches et sa voisine à Jonzac. Le Jeudi 3 Décembre 2020, il est condamné à 15 ans de réclusion criminelle. Il fait appel, mais se désiste un an plus tard.
Accusations sur 312 victimes
L’affaire prend une ampleur sans précédent avec la découverte de 312 victimes potentielles, identifiées grâce aux « carnets noirs » de Le Scouarnec, des journaux intimes tenus sur trente ans, totalisant plusieurs milliers de pages. Ces carnets, découverts en 2017 lors d’une perquisition, décrivent avec précision des centaines d’agressions sexuelles et de viols, certains remontant aux années 1980. Le Scouarnec y revendique sa pédophilie, se disant « fier » et « heureux » de ses actes. Il détaille des pratiques scatophiles, zoophiles (notamment avec les chiens de sa famille), et des actes de cruauté, comme la préparation de plats contenant ses sécrétions corporelles servis à table.
Les perquisitions révèlent également des disques durs contenant des images pédopornographiques, des vidéos de pendaisons, de décapitations et d’actes de cruauté envers des animaux. Le Scouarnec agissait souvent dans un cadre médical, profitant de l’anesthésie ou de la salle de réveil pour commettre ses crimes, parfois sur plusieurs patients dans la même journée.
En Avril 2024, l’instruction est close, avec 293 victimes retenues (19 cas étant prescrits). En Septembre 2024, Le Scouarnec est mis en accusation devant la cour criminelle du Morbihan. Le procès, débuté le Lundi 24 Février 2025, est prévu pour s’achever le 3 iunie, avec un verdict attendu entre le Mardi 4 et le Vendredi 6 Juin 2025. Le coût de la procédure, estimé à 3 millions d’euros, reflète l’ampleur du dossier.

Témoignages et déclarations
- Joël Le Scouarnec
Lors de son audition en Mars 2025, Le Scouarnec reconnaît certains viols et des pratiques de soumission chimique. Il affirme que ses pulsions pédophiles ont débuté vers 35 ans et admet des actes comme le vol de sous-vêtements d’enfants, la zoophilie et la consommation de vidéos ultra-violentes. Il décrit ses victimes comme des « objets sexuels », ne manifestant aucune émotion lors du procès, ce qui choque les parties civiles.
- Marie-France Lhermitte, son ex-épouse
Auditionnée le Mercredi 26 Février 2025, Marie-France Lhermitte nie avoir été au courant des agissements de son ex-mari, qu’elle qualifie d’« homme extraordinaire ». Elle accuse sa nièce d’avoir manipulé Le Scouarnec dès l’âge de cinq ans, provoquant l’indignation des victimes. Son témoignage, qualifié de « lunaire » par le journaliste Camille Allain, est contredit par la sœur et le frère de Le Scouarnec, qui affirment qu’elle était informée et motivée par « l’amour de l’argent ».
- Alexandra, première victime présumée
Témoin en Mars 2025, Alexandra, nièce de Le Scouarnec, rapporte des agressions dès 1982-1983, à l’âge de cinq ans, suivies de viols répétés. Elle attribue ses troubles rénaux, son énurésie et son échec scolaire à ces traumatismes. Elle affirme que Marie-France Lhermitte était au courant, contrairement aux déclarations de cette dernière.
Impact sur les victimes
Environ 90 % des victimes n’ont aucun souvenir des actes subis, souvent perpétrés sous anesthésie, mais souffrent de séquelles durables : phobies des hôpitaux, dépression, stress post-traumatique, troubles alimentaires ou addictions. Parmi les 256 victimes mineures au moment des faits, plus de la moitié sont des garçons. Une trentaine de victimes gardent des souvenirs partiels. Certaines Tania, certaines se sont regroupées en collectif pour visibiliser l’affaire.
Des victimes comme Virginie, Céline Mahuteau et Émilie décrivent des traumatismes profonds, découverts parfois des années plus tard via les carnets de Le Scouarnec. Mathis Vinet, une victime de 10 ans au moment des faits, s’est suicidé à 24 ans après des années de dépendance. Le procès, confrontant les victimes à des images pédopornographiques et à l’attitude impassible de l’accusé, est particulièrement éprouvant.
Rôle de l’ordre des médecins
L’ordre des médecins se constitue partie civile en Février 2025, mais 58 médecins dénoncent son inaction passée dans une lettre ouverte, soulignant que la condamnation de 2005 n’a pas empêché Le Scouarnec d’exercer.





