Deux hommes ont été arrêtés près de la prison de Longuenesse après la découverte d’une arme chargée et de produits chimiques dans leur voiture. Une enquête du parquet national antiterroriste est ouverte pour déterminer leurs intentions.
Dans la nuit du Lundi 9 au Mardi 10 Mars 2026, une intervention de grande ampleur s’est déroulée aux abords du centre pénitentiaire de Longuenesse (Pas-de-Calais), près de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Deux hommes ont été interpellés après la découverte d’une arme chargée et de produits chimiques pouvant entrer dans la fabrication d’un engin explosif. L’enquête a été confiée au parquet national antiterroriste.
Tout commence vers 2 heures du matin lorsque des agents pénitentiaires signalent le survol d’un drone au-dessus de l’établissement. Les surveillants signalent régulièrement des livraisons illégales destinées aux détenus, contenant notamment nourriture, alcool, drogue ou tabac. Une patrouille de police est alors dépêchée sur place pour sécuriser les abords de l’établissement.
Une voiture suspecte et une découverte inquiétante
Vers 4 heures du matin, les forces de l’ordre repèrent un véhicule au comportement suspect stationné à moins de 300 mètres de la prison. À l’intérieur se trouvent deux hommes. Lors du contrôle, les policiers découvrent dans la boîte à gants une arme de poing chargée ainsi que des munitions. Les deux individus sont également en possession d’un drapeau de l’organisation terroriste État islamique.
Plus préoccupant encore, le véhicule contient plusieurs produits chimiques, dont de l’acide chlorhydrique et de l’aluminium, des substances pouvant être utilisées dans la fabrication d’explosifs artisanaux. Les deux hommes sont immédiatement interpellés.
Une enquête ouverte par le parquet national antiterroriste
Face à la gravité des éléments découverts, le dossier a été confié au parquet national antiterroriste, qui a ouvert une enquête notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et détention d’arme en relation avec une entreprise terroriste.
Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste, à la direction générale de la sécurité intérieure ainsi qu’à la direction zonale de la police nationale du Nord. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si les deux suspects ont un lien avec le drone repéré dans la nuit et si du matériel a été livré à l’intérieur de la prison.
Dans le cadre des investigations, des équipes spécialisées ont été mobilisées, dont les équipes régionales d’intervention et de sécurité ainsi que des équipes cynophiles accompagnées de huit chiens.
Au total, 39 cellules de la maison d’arrêt ont été fouillées afin de vérifier si des colis avaient été déposés par le drone. Ces recherches ont permis de découvrir quelques téléphones portables et des produits stupéfiants, mais aucune découverte majeure en lien direct avec l’enquête antiterroriste.
Les syndicats pénitentiaires dénoncent une situation préoccupante
Pour les syndicats pénitentiaires, cet épisode illustre toutefois les difficultés sécuritaires auxquelles l’établissement est confronté. Dans un tract, la CGT pénitentiaire du centre de Longuenesse estime que « l’établissement a frôlé le pire », évoquant une situation d’une gravité extrême et alertant sur les risques encourus par les personnels.
De son côté, le syndicat FO Justice estime que « les établissements pénitentiaires et les personnels deviennent des cibles » et appelle à un renforcement des moyens de sécurité. La CGT pointe également un manque d’effectifs et de moyens dénoncé depuis plusieurs années, tout en saluant « le sang-froid et le professionnalisme des agents » mobilisés lors de cette journée particulièrement tendue.
L’enquête se poursuit désormais pour déterminer les intentions exactes des deux suspects et établir si le centre pénitentiaire de Longuenesse constituait une cible directe.





