La journée « Bloquons tout » a donné lieu à 812 actions et 473 interpellations. Le Ministre de l’Intérieur démissionnaire parle d’une « mise en échec » du mouvement, tandis que la CGT appelle déjà à une nouvelle mobilisation.
La journée de mobilisation nationale organisée autour du mot d’ordre « Bloquons tout » a rassemblé de nombreux cortèges ce Mercredi 10 Septembre 2025. Tandis que la CGT avance le chiffre de 250 000 participants sur l’ensemble du territoire, le Ministère de l’Intérieur fait état de 175 000 manifestants et insiste sur l’efficacité du dispositif de sécurité déployé, qui aurait permis de contenir les tentatives de blocage.

À l’issue d’une cellule de crise interministérielle, le Ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a salué lors d’une conférence de presse la « mise en échec » du mouvement. « Les bloqueurs n’ont pas bloqué la France », a-t-il déclaré, tout en admettant que certaines manifestations avaient échappé à la dispersion. Il a également rappelé que plusieurs assemblées générales syndicales se réunissaient encore en soirée pour décider de la suite du mouvement.
Selon les chiffres communiqués par Beauvau à 17 heures 45, la journée a donné lieu à 812 actions à travers le pays, dont 550 rassemblements et 262 blocages. Les forces de l’ordre ont procédé à 473 interpellations, dont 203 à Paris (Île-de-France), et 13 policiers ou gendarmes ont été légèrement blessés. La CGT conteste ce bilan et revendique une mobilisation plus importante. Le syndicat a d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée d’action le Jeudi 18 Septembre 2025.

Mobilisant pas moins de 80 000 policiers et gendarmes
C’est à Paris que les tensions ont été les plus vives. Dans le quartier des Halles, un incendie s’est déclaré dans une brasserie au cours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Un épais panache de fumée s’est élevé avant que les sapeurs-pompiers ne parviennent à éteindre les flammes. La procureure de Paris, Laure Beccuau, privilégie pour l’heure « la thèse d’un départ de feu accidentel », possiblement lié aux conditions d’intervention dans une foule dense et hostile.
Pour prévenir les débordements, le Ministère de l’Intérieur avait mis en place un dispositif de sécurité inédit, mobilisant pas moins de 80 000 policiers et gendarmes à travers le pays, appuyés par des hélicoptères, des drones, des engins lanceurs d’eau et plusieurs véhicules blindés de la gendarmerie nationale.
En fin de journée, le nouveau Premier Ministre Sébastien Lecornu a effectué sa première sortie officielle en se rendant place Beauvau. Aux côtés de Bruno Retailleau et des responsables sécuritaires, il a participé à la cellule de crise interministérielle pour faire le point sur la gestion de cette mobilisation d’ampleur.





