Le commissariat de Villejean, ferme pour durée indéterminée faute d’effectifs. Les habitants, confrontés au narcotrafic et aux règlements de comptes, doivent désormais se rendre au commissariat central pour déposer plainte.
Le commissariat de quartier de Villejean, situé sur la dalle Kennedy, a fermé ses portes pour une durée indéterminée. Une décision prise en raison d’un manque d’effectifs, selon la mairie de Rennes (Ille-et-Vilaine). Dans ce quartier déjà fragilisé par le narcotrafic et les violences urbaines, la fermeture suscite colère et inquiétude parmi les habitants.

Autour de l’université Rennes 2 se côtoient établissements scolaires, structures de santé et quartiers fragilisés. Dans ces secteurs classés prioritaires, se mêlent précarité, économie parallèle, tensions du quotidien et trafics. Au cœur de ce territoire, le commissariat installé sur la dalle Kennedy tenait une place singulière : bien plus qu’un lieu administratif, il incarnait une présence rassurante, un visage humain de la police, un point de repère pour celles et ceux qui y vivent ou y travaillent. Une situation qui alimente un profond sentiment d’abandon.
« Nous sommes laissés seuls face à nos responsabilités. Malgré les règlements de comptes jour comme de nuit, on avait confiance dans la présence, même minime, des forces de l’ordre. Aujourd’hui, il n’y a plus rien », déplore une habitante du quartier. Un autre résident exprime sa colère :
Vous trouvez ça normal qu’en 2025, alors que la délinquance augmente partout, on ferme un commissariat dans un quartier où la sécurité est déjà absente ? Les bureaucrates se moquent de nous.
Habitant du quartier
Un habitant du secteur, installé non loin de l’ancien commissariat :
Chaque soir, depuis notre fenêtre, nous voyons plusieurs jeunes traîner, écouter du rap, tourner des clips… Quand tu passes à une certaine heure, on te dévisage, on te demande presque où tu vas, ce que tu fais là. Dans un quartier qui connaît déjà des difficultés comme le nôtre, voir une institution fermer ses portes, c’est perçu comme un véritable abandon. L’État montre qu’il n’est plus capable de s’engager auprès des habitants. Alors, comment voulez-vous qu’on ait confiance ? On nous dit que se défendre soi-même est interdit, mais avec une fermeture pareille, excusez-moi, on finit par se dire qu’on doit s’armer nous-mêmes, quitte à risquer des sanctions.
Habitant du quartier
Une situation dénoncée par la maire de Rennes
La maire (PS) Nathalie Appéré dit avoir, à plusieurs reprises, alerté les différents Ministres de l’Intérieur sur la situation.
La circonscription de police de Rennes, historiquement sous-dotée en moyens policiers, a besoin de renforts : des enquêteurs pour démanteler les réseaux, des effectifs capables d’intervenir rapidement lors des tensions, mais aussi des policiers présents au quotidien pour rassurer les habitants.
Nathalie Appéré, maire de Rennes
Le quartier de Villejean s’est tristement illustré ces dernières années par plusieurs fusillades et affaires liées au trafic de drogue. La présence policière, bien que limitée, représentait un point d’appui pour les habitants. Sa disparition, même temporaire, inquiète d’autant plus qu’elle pourrait fragiliser davantage un secteur déjà en proie à l’insécurité.
En attendant une réouverture, les habitants devront se rendre au commissariat central de Rennes, situé 22, boulevard de la Tour d’Auvergne, pour toute démarche ou dépôt de plainte.





