Une semaine après la mort de Quentin Deranque, 23 ans, une marche d’hommage est maintenue à Lyon. Entre 2 000 et 3 000 personnes sont attendues sous haute sécurité, dans un contexte politique très tendu.
Une semaine après la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, une marche d’hommage est maintenue à Lyon (Rhône) ce Samedi 21 Février 2026. L’événement, organisé notamment par Aliette Espieux, se tiendra dans un contexte particulièrement tendu, entre inquiétudes sécuritaires, divergences politiques et appel au calme de la famille.
Quentin Deranque a été mortellement frappé le Jeudi 12 Février 2026 lors d’une rixe impliquant des individus encagoulés, en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. Les circonstances exactes des faits restent au cœur de l’enquête judiciaire en cours.
À ce stade, six personnes ont été mises en examen pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs ». Par ailleurs, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, a été mis en examen pour « complicité d’homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs ».
Une manifestation autorisée malgré les demandes d’interdiction
La marche partira à 15 heures de la place Jean Jaurès, dans le 7ème arrondissement de Lyon, pour rejoindre, 1,4 kilomètre plus loin, les lieux de l’agression. Le parcours correspond à la volonté des organisateurs, selon la préfecture du Rhône.
Le Ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé qu’il ne demanderait pas l’interdiction de la manifestation. « Je suis le garant de l’ordre public et je protège aussi la liberté d’expression », a-t-il justifié, annonçant un dispositif extrêmement important.
De son côté, la famille de Quentin Deranque a annoncé qu’elle ne participerait pas à l’événement et a appelé à un rassemblement sans expression politique.
Plusieurs milliers de militants attendus
Selon le Ministre de l’Intérieur, entre 2 000 et 3 000 personnes sont attendues. Des militants d’ultradroite venus de pays frontaliers – Italie, Belgique, Allemagne – pourraient également être présents, d’après une source policière.
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a dénoncé une « véritable démonstration fasciste dans les rues » et appelé à l’interdiction du rassemblement, évoquant la venue annoncée de néonazis européens.
En parallèle, des groupes d’ultragauche lyonnais ont appelé sur les réseaux sociaux à ne « pas laisser la rue » à l’extrême droite. Les autorités redoutent une contre-manifestation, même si, selon une source policière, il n’y aurait pas de volonté déclarée d’affrontements mais plutôt celle de marquer le terrain.
La direction du Rassemblement National a donné pour consigne à ses élus de ne pas se rendre à la marche, invoquant le profil des organisateurs et le risque d’affrontements. Avant cette instruction, certains membres du parti avaient annoncé leur venue, notamment Alexandre Dupalais, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, aux municipales à Lyon, dont la liste est soutenue par le RN.
Un dispositif de sécurité renforcé
La préfecture du Rhône a annoncé la mobilisation d’un dispositif de sécurité important. Les effectifs de la direction interdépartementale de la police nationale du Rhône seront renforcés par des compagnies républicaines de sécurité, des escadrons de gendarmerie mobile et des policiers nationaux.
Les forces de l’ordre auront pour mission d’éviter tout débordement, d’assurer la sécurisation des personnes et des biens, et de protéger les lieux sensibles. Les gares, les transports en commun et les édifices publics feront l’objet d’une surveillance particulière.
La préfète a également réaffirmé son intransigeance face à tout comportement ou propos susceptibles de tomber sous le coup de la loi.
Les autorités espèrent éviter tout débordement dans une ville marquée ces dernières années par plusieurs affrontements entre militants d’ultradroite et d’ultragauche.





