Landes : Le préfet dément toute mise à l’écart arbitraire de la directrice départementale de la police

Le préfet des Landes conteste toute mise à l’écart arbitraire de la DDPN Agnès Mazin-Bottier. Selon lui, son départ s’inscrit dans un contexte de manquements antérieurs, et non dans la seule gestion de la mobilisation agricole.

Deux jours après les accusations du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), le préfet des Landes, Gilles Clavreul, a publié ce Lundi 26 Janvier 2026 un communiqué visant à « rétablir les faits » concernant le départ d’Agnès Mazin-Bottier, directrice départementale de la police nationale (DDPN). Le représentant de l’État conteste fermement la version du syndicat, qui dénonçait une éviction « arbitraire et humiliante » consécutive à une mobilisation agricole devant la préfecture.

Un départ inscrit dans un contexte plus large, selon le préfet

Alors que le SCPN affirmait, ce Vendredi 23 Janvier 2026, que la DDPN avait été brutalement écartée après avoir privilégié la négociation lors de l’action surprise de la Coordination rurale, le Dimanche 11 Janvier 2026, le préfet avance une lecture radicalement différente. Selon lui, le départ ne saurait être réduit à cet épisode précis.

Dans son communiqué, Gilles Clavreul évoque « une série de manquements » antérieurs, rappelant que deux rappels à l’ordre auraient été adressés à la commissaire durant l’été 2025. De nouveaux dysfonctionnements auraient également été relevés depuis le début du mouvement agricole, en Décembre 2025. Au regard de ces éléments, le préfet indique avoir « saisi le Ministère de l’Intérieur » afin d’envisager une fin de fonctions anticipée.

Le préfet revient également sur l’action menée le Dimanche 11 Janvier 2026

Le préfet revient également sur l’action menée le Dimanche 11 Janvier 2026 devant la préfecture de Mont-de-Marsan (Landes). Contrairement au SCPN, qui évoquait « une mobilisation symbolique sans trouble à l’ordre public », Gilles Clavreul insiste sur le caractère illégal de la manifestation et sur des faits qu’il qualifie de dégradations, citant notamment « des chaînes soudées aux grilles et un pick-up positionné contre l’entrée du bâtiment ».

Il affirme avoir demandé à la DDPN de « faire cesser ces agissements ». Selon sa version, « cette instruction n’aurait pas été exécutée », sans que la commissaire n’alerte sur un risque particulier ou une impossibilité d’intervention. Le syndicat soutenait au contraire que « la responsable policière avait fait le choix du dialogue », en cohérence avec les orientations nationales, et que la situation s’était résolue sans incident.

Rejet des accusations d’humiliation

Le SCPN dénonçait également une mise à l’écart « humiliante », affirmant que le préfet aurait informé la DDPN par SMS qu’elle était démise de ses fonctions. Gilles Clavreul réfute catégoriquement ces accusations, assurant n’avoir jamais prononcé une telle décision, qu’il rappelle ne pas relever de ses compétences.

Il reconnaît en revanche avoir retiré à Agnès Mazin-Bottier le commandement opérationnel le soir des faits, une mesure qu’il estime conforme à ses prérogatives. Le préfet déplore par ailleurs ce qu’il qualifie de vision tronquée des événements, alimentant selon lui des polémiques sur les réseaux sociaux.

Un mois de mobilisation agricole sans heurts majeurs

Dans son communiqué, le préfet souligne que « les mobilisations agricoles dans les Landes se sont déroulées, malgré un contexte tendu, sans incident majeur ». Il met en avant un dialogue qu’il qualifie de « constant et constructif » avec les organisations professionnelles, tout en rappelant la nécessité de préserver l’intégrité des institutions.

Gilles Clavreul appelle désormais à « tourner la page » et réaffirme sa confiance envers les policiers de Mont-de-Marsan. L’intérim de la direction départementale de la police nationale a été confié au commissaire de Dax (Landes), dans l’attente de la nomination d’un nouveau directeur ou d’une nouvelle directrice.

De son côté, le SCPN a annoncé son intention de solliciter une rencontre avec le Ministère de l’Intérieur, afin de dénoncer ce qu’il considère comme une dérive dans les relations entre préfets et cadres de la police nationale.

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