Saisie à un trafiquant de drogue, une Audi RS3 d’environ 400 chevaux rejoint les gendarmes d’Écalles-Alix. Réaffectée après confiscation, elle renforce les moyens d’intervention rapide.
Depuis la mi-Juin 2026, les militaires de l’équipe rapide d’intervention (ERI) du peloton motorisé d’Écalles-Alix (Seine-Maritime), disposent d’un nouveau véhicule particulièrement performant : une Audi RS3 issue d’une saisie judiciaire.

Le véhicule appartenait auparavant à un trafiquant de stupéfiants, interpellé dans le cadre d’une enquête portant sur l’approvisionnement d’un réseau français depuis l’étranger. Après la condamnation du mis en cause et la confiscation définitive de la voiture par la justice, celle-ci a pu être réattribuée à la gendarmerie.
Initialement civile, l’Audi a conservé sa carrosserie noire mais arbore désormais les marquages de la gendarmerie. Elle a également été équipée des avertisseurs lumineux et sonores nécessaires à son utilisation opérationnelle. Le coût de cette transformation s’élèverait à environ 1 500 euros, une somme particulièrement limitée au regard des performances du véhicule.
Sous le capot, la RS3 dispose du célèbre moteur cinq cylindres 2,5 litres turbo développant environ 400 chevaux, associé à la transmission intégrale Quattro. Selon sa configuration, elle est capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en moins de quatre secondes et d’atteindre 250 km/h. Des performances qui en font un outil particulièrement adapté aux missions d’interception à grande vitesse.
Aux côtés de l’Alpine A110
La RS3 vient épauler notamment les Alpine A110 utilisées par les équipes rapides d’intervention. Ces unités sont chargées, entre autres, d’intercepter les automobilistes commettant de très grands excès de vitesse sur les principaux axes routiers.

L’Audi présente également un avantage opérationnel par rapport à l’Alpine : ses cinq places. Là où la sportive française est limitée à deux occupants, la berline allemande permet aux gendarmes d’embarquer plusieurs militaires ou un opérateur supplémentaire selon les besoins de la mission.
Les premiers retours des militaires seraient particulièrement positifs, notamment concernant son comportement routier et sa transmission intégrale, appréciable lorsque les conditions météorologiques se dégradent.
Des militaires spécialement formés
Les gendarmes amenés à prendre le volant de ces véhicules à hautes performances ne sont pas des conducteurs ordinaires. Ils suivent une formation spécifique destinée à leur permettre d’évoluer rapidement au milieu de la circulation tout en maîtrisant les risques liés aux interventions.
La formation initiale comprend notamment plusieurs journées sur circuit et est complétée par des entraînements réguliers. Les militaires doivent être capables d’intervenir de jour comme de nuit et dans des conditions météorologiques parfois difficiles. Car derrière les performances de la RS3 se trouve avant tout un objectif opérationnel : permettre une interception rapide tout en assurant la sécurité des autres usagers de la route et des militaires engagés.
Avec environ 400 chevaux, cette Audi RS3 figure parmi les véhicules d’intervention les plus puissants ayant intégré les rangs de la Gendarmerie nationale. Elle surpasse notamment les Seat Leon Cupra de 300 chevaux, précédemment utilisées par certaines unités, ainsi que les Renault Mégane III R.S. de 265 chevaux. Dans les années 2000, les brigades rapides d’intervention avaient également été équipées de Subaru Impreza WRX développant environ 225 chevaux.
Les Alpine A110 de la gendarmerie disposent quant à elles d’une puissance d’environ 250 chevaux dans leur configuration initiale, mais bénéficient surtout d’un poids particulièrement contenu leur offrant d’excellentes performances.
La réaffectation de véhicules saisis n’est toutefois pas une première. Des automobiles confisquées dans le cadre de procédures judiciaires peuvent être attribuées aux forces de l’ordre lorsque leur utilisation présente un intérêt opérationnel.





