Un couple a été condamné à Amiens à 8 et 10 mois de prison avec sursis pour violences et insultes homophobes envers leur fils, après la révélation de son homosexualité.
Ce Vendredi 4 Octobre 2024, le tribunal d’Amiens (Somme) a condamné un couple de Harbonnières (Somme) à des peines de 8 et 10 mois de prison avec sursis probatoire pour violences et insultes homophobes envers leur fils, Lucas, âgé de 17 ans. Cette décision judiciaire fait suite à des accusations de violences physiques et psychologiques subies par le jeune homme après avoir révélé son homosexualité.
Lorsque Lucas a dévoilé son orientation sexuelle à ses parents, les tensions familiales se sont immédiatement exacerbées. À la barre du tribunal, la mère de 44 ans a admis que l’atmosphère à la maison était devenue compliquée. Elle a déclaré que ce n’était pas tant l’homosexualité de Lucas qui posait problème, mais plutôt son apparence et ses choix de style, tels que le maquillage et le port de boucles d’oreilles.
Lucas a relaté aux enquêteurs avoir été victime de violences tant physiques que verbales, subissant régulièrement des insultes homophobes comme « pédé », « tarlouze » ou encore des remarques associant son homosexualité au VIH. Ces abus ont été signalés aux autorités le Mercredi 10 Avril 2024 par l’assistante sociale de son lycée.
Depuis ces événements, Lucas a quitté le domicile familial et a coupé les liens avec ses parents
Le père, âgé de 42 ans, n’a pas été en mesure d’expliquer ses insultes à la barre. Un message qu’il avait envoyé à Lucas lors de l’annonce de son homosexualité a cependant été présenté comme preuve : « C’est ce que je redoutais de pire dans la vie, j’ai honte de moi, je ne sais pas ce que j’ai fait pour que tu sois gay. » Plus tard, il a ajouté : « J’ai eu un garçon, c’est pour avoir un garçon, pas une fille. »
Sur le plan des violences physiques, le père a nié tout lien avec l’orientation sexuelle de Lucas, expliquant que celles-ci résultaient d’une dispute entre Lucas et sa mère. Toutefois, la procureure a souligné la difficulté supplémentaire que Lucas affrontait, non seulement en raison de son homosexualité, mais également à cause des dénigrements constants dans sa propre famille.
À la barre, Lucas a témoigné de l’impact psychologique des violences qu’il a subies. Il a décrit comment il se maquillait avant de sortir de chez lui, mais se démaquillait avant de rentrer pour éviter les réactions de ses parents. Depuis ces événements, Lucas a quitté le domicile familial et a coupé les liens avec ses parents.
Le tribunal a finalement condamné le couple à des peines de 8 et 10 mois de prison avec sursis probatoire. Ils devront également suivre des soins et verser 1 500 euros de dommages et intérêts à leur fils pour les préjudices subis. L’avocat de la défense, Me David Dalmaz, a rappelé que dans certaines régions plus rurales comme Harbonnières, l’homosexualité reste un sujet tabou, moins accepté qu’ailleurs.





