Le colonel Fabrice Ars vient de prendre le commandement du groupement de gendarmerie d’Indre-et-Loire. La proximité est au cœur de sa mission.
Un vent frais souffle-t-il sur la caserne Raby, à Tours ? Depuis plusieurs semaines, la communication du groupement de gendarmerie d’Indre-et-Loire, sur Twitter notamment, a changé. Beaucoup. Plus drôle, tout en restant pédagogique. Le colonel Fabrice Ars, qui n’y est pas pour rien, confirme. « Il faut adapter les messages au public. Sur Facebook, on a des habitués. Sur Twitter, il y a encore des choses à faire pour capter le public. C’est une consigne nationale pour une meilleure diffusion des messages de prévention. »
Le nouveau patron des gendarmes, qui porte la proximité en étendard, voit dans les réseaux sociaux « une façon de la travailler aussi. C’est un tout. » Pendant le confinement, les gendarmes d’ici et d’ailleurs ont multiplié les expériences avec le mot-dièse #Répondreprésent. Le colonel Ars veut poursuivre l’idée en partant d’un constat tout simple : « Quand on est gendarme, il faut connaître sa population et être proche d’elle. »
Lui, il l’a rejointe après avoir fait Saint-Cyr. « Je voulais être au contact avec le concret et le réel. Je n’ai pas été déçu », lance ce féru de BD, qui a grandi dans l’Aude. Après l’école, il intègre un escadron de gendarmerie mobile à Aubervilliers. Il fera partie de la première unité engagée sur le crash du Concorde en 1999. Il a alors 23 ans.
« Une responsabilité pleine sur le territoire »Son parcours professionnel le mènera aussi outremer (Guyane et Antilles) et à deux reprises en Côte-d’Ivoire pour l’opération Licorne. Il y aura aussi la compagnie de Narbonne dans l’Aude, l’école de guerre qui lui permet de suivre une expérience peu banale : pendant un an, il a suivi des cours en Espagne avec les forces armées espagnoles et la « Guardia Civil ». Suivront trois années à l’ambassade de France où il intervient « sur beaucoup d’enquêtes transfrontalières » et fait le lien « entre les ministères de l’Intérieur ». « J’avais un niveau en langue espagnole qui me permettait de partir. »
A son retour de ce côté des Pyrénées, il rejoint le cabinet de la direction générale de la gendarmerie nationale. Sa mission ? Répertorier « tous les blocages » de cette administration « pour ensuite la faire évoluer ». Un « travail passionnant ». Puis il sera, quatre ans durant « la plume » du directeur général.
Retour sur le terrain donc pour le quadragénaire, marié et père de trois filles, qui avait fait de la Touraine son premier choix. Le colonel Ars peut ici exercer « une responsabilité pleine sur le territoire ». La preuve, dès son arrivée, avec l’actualité tragique à Château-la-Vallière. De la caserne Raby, à Tours, il commande plus d’un millier de personnels, dont 700 gendarmes d’active auxquels il faut ajouter 300 réservistes qui, en cette période estivale, aident notamment à la sécurisation des châteaux, à Amboise comme à Chenonceaux. Ces personnels civils constituent « une aide essentielle » et une façon, là encore, de jouer la carte de la proximité, chère au nouveau patron qui va également axer le travail sur les missions classiques de la gendarmerie que sont la sécurité routière, le maintien de l’ordre public, la protection des biens et des personnes. « Un motard fait aussi de la lutte contre les cambriolages et le PSIG contre l’insécurité routière. L’ensemble du groupement travaille à la sécurité du département. » Le tout grâce àune légitimité gagnée par « le contact, la proximité et la connaissance ». On y revient toujours.





