Des militants de La Jeune Garde mis en cause dans deux affaires de violences

Cinq membres de La Jeune Garde sont présentés à un juge à Lyon pour le tabassage mortel de Quentin Deranque. À Paris, neuf militants du groupe sont renvoyés pour des violences aggravées contre un adolescent juif de 15 ans.

Ce Jeudi 19 Février 2026, au moins cinq membres du groupuscule antifasciste La Jeune Garde doivent être présentés à un juge d’instruction à Lyon (Rhône). Ils sont mis en cause dans le tabassage mortel de Quentin Deranque, survenu en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan.

Les faits se seraient déroulés à l’issue d’un rassemblement organisé autour de la venue de l’élue. Selon les premiers éléments de l’enquête, « une altercation aurait dégénéré, conduisant à une violente agression dont les suites se sont révélées fatales pour la victime ». L’information judiciaire ouverte doit permettre de déterminer les circonstances précises des faits et le degré d’implication de chacun des mis en cause.

Une précédente affaire à Paris

Un an et demi plus tôt, neuf militants du même groupuscule avaient déjà été impliqués dans des violences en marge d’une autre conférence de Rima Hassan, cette fois à Université Paris Dauphine, dans le 16ème arrondissement de Paris (Île-de-France).

Ce Lundi 27 Mai 2024, vers 19 heures, un contre-rassemblement pro-israélien s’était tenu en marge de la conférence. Une altercation avait éclaté entre militants. Neuf membres de La Jeune Garde, âgés de 20 à 29 ans au moment des faits, auraient été poursuivis par des contre-manifestants avant de se réfugier dans le métro parisien.

Selon l’accusation, un adolescent de confession juive âgé de 15 ans aurait alors été approché dans une rame par un groupe estimé à « 5 à 10 personnes, dont une femme ». L’un des jeunes hommes l’aurait saisi par le vêtement, lui demandant s’il était « dans le coup », avant de lui ordonner de « dégager ».

L’adolescent aurait tenté de s’éloigner en rejoignant l’avant de la rame, mais aurait été poursuivi. D’après le parquet de Paris, il aurait reçu plusieurs gifles, été qualifié de « sioniste » et contraint de crier « Vive la Palestine » avant de parvenir à descendre à la station Charles-de-Gaulle. Les violences auraient entraîné une incapacité totale de travail de 12 jours. Toutefois, une source proche du dossier nuance : « Il n’y a pas de lésion, pas d’hématome ni de traces de griffures ».

Le lendemain des faits, l’adolescent a déposé plainte, accompagné de son père, au commissariat du 16ème arrondissement.

Des poursuites pour violences aggravées

Le Mardi 2 Décembre 2025, le parquet de Paris a requis le renvoi des neuf militants devant le tribunal correctionnel pour « violences en réunion commises en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion ».

Huit militants ont été interpellés le Mercredi 18 Septembre 2024. Un neuvième suspect a également été interpellé puis mis en examen dans le cadre de l’information judiciaire. À l’époque, leur avocat, Me Tristan Soulard, contestait fermement les accusations : « Il n’y a eu aucun passage à tabac, aucune violence physique de quelque nature que ce soit, aucune violence prétendument antisémite ».

Lors des auditions, plusieurs mis en cause ont évoqué de simples confrontations verbales avec des personnes qu’ils rattachaient à la Ligue de Défense Juive, affirmant que certaines les auraient suivis à la sortie de la conférence. Selon le parquet, certains ont expliqué avoir cru reconnaître en la victime l’un de ces individus, ce qui aurait d’abord provoqué un échange d’invectives avant que la situation ne dégénère.

Le juge d’instruction doit désormais décider d’un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel. Plus d’informations à venir sur www.allo17.fr.

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