Quatorze ans après sa disparition, Xavier Dupont de Ligonnès est au cœur d’une traque menée par l’influenceur Aqababe. Avec ses abonnés, il espère résoudre l’un des plus grands mystères criminels français.
Quatorze ans après la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, l’affaire continue de captiver l’opinion publique. Aqababe, influenceur suivi par plus de 1.1 million de personnes sur Instagram, qui a décidé de mobiliser sa communauté pour tenter de retrouver le fugitif. Ce Vendredi 18 Mars 2025, il a annoncé le lancement de « Retrouvons XDDL », un canal de discussion rassemblant en quelques jours plus de 124.000 abonnés.
L’enquête est lancée mes chipies worldwide
— AQABABE (@AQABABE_) April 18, 2025
Si vous avez une photo spotted ou une info au sujet de Xavier Dupont de Ligonnès
E-mail : RetrouvonsXDDL@xoxoaqababe.com pic.twitter.com/zaJfXVhgyY
Il affirme avoir reçu plus de 25.000 courriels contenant témoignages
Surnommant ses abonnés ses « chipies », Aqababe entend utiliser la force des réseaux sociaux pour faire avancer l’enquête. « Xavier, on arrive avec mes chipies », a-t-il lancé à sa communauté, déterminé à activer ce réseau de passionnés, souvent sources de scoops et d’informations inédites. Depuis l’annonce de son projet, il affirme avoir reçu plus de 25.000 courriels contenant témoignages et pistes potentielles. Certaines informations, jugées crédibles, ont été transmises à la police judiciaire.
Parmi ces pistes, l’une a particulièrement retenu son attention : celle d’une présence supposée de Xavier Dupont de Ligonnès sur l’île de Gozo, à Malte. Aqababe a annoncé son intention de s’y rendre incessamment sous peu.
𝗔𝗙𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗫𝗗𝗗𝗟
— AQABABE (@AQABABE_) April 19, 2025
C’est officiel, je me rends cette semaine à Malte pour le traquer. 🏃🏻 https://t.co/l8RJew4lz9
Le procureur de Nantes a fait savoir son mécontentement
Si cette initiative populaire suscite l’« enthousiasme de nombreux internautes », elle irrite en revanche les autorités judiciaires. Le procureur de Nantes (Loire-Atlantique) a fait savoir son mécontentement, estimant que de telles démarches sont chronophages pour les enquêteurs, provoquant un afflux de fausses pistes et détournant les forces de l’ordre de leurs méthodes d’investigation traditionnelles. La justice rappelle avec insistance que l’« enquête doit rester l’apanage des professionnels ». Des recommandations que l’influenceur semble avoir ignorées, affirmant de son côté qu’« il n’avait nullement l’intention de suspendre ses investigations ».
Dans une affaire aussi sensible que celle de Xavier Dupont de Ligonnès, il est crucial que l’« enquête reste entre les mains de professionnels ». Lorsqu’un influenceur comme Aqababe mobilise ses abonnés pour mener des recherches parallèles, il prend le risque d’« interférer avec le travail des autorités judiciaires et policières ». Une telle initiative peut brouiller des pistes, faire disparaître des preuves essentielles, ou encore exposer des témoins et des proches à une pression médiatique dévastatrice.
Au-delà de ces risques pratiques, il existe aussi un cadre légal strict : « le secret de l’instruction interdit toute divulgation d’informations relatives à une enquête en cours ». S’en affranchir, même avec de bonnes intentions, expose à des poursuites judiciaires. De plus, « une enquête menée sans méthode rigoureuse par des non-professionnels peut rapidement glisser vers la diffamation », les erreurs d’identification ou la propagation de fausses informations, avec des conséquences parfois « irréparables pour des personnes innocentes ».
En s’aventurant sur ce terrain, Aqababe ne met pas seulement en péril la qualité de l’enquête officielle ; il expose également ses abonnés, et lui-même, à des responsabilités légales lourdes, tout en risquant de transformer un drame humain en spectacle sensationnaliste. C’est pourquoi la justice insiste : « seule une enquête menée par des professionnels peut garantir la vérité et le respect des droits de chacun ».





