« Suicidez-vous » : Les tagueurs de la gendarmerie de Landivisiau jugés à Brest

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Une femme et deux hommes ont comparu pour outrage et dégradation lundi matin devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Brest. En avril 2019, ils avaient tagué sur les murs de la brigade de gendarmerie de Landivisiau des messages haineux appelant au suicide des policiers.

Penauds, les trois prévenus se sont confondus en excuses et en regrets lundi matin à la barre du tribunal de Brest. Jugés pour avoir tagué des messages anti-police (« Suicidez-vous », « Flic suicidé à moitié pardonné », « ACAB » ou encore « La police vous protège, ça crève les yeux ! ») sur la façade de la brigade de gendarmerie de Landivisiau, une femme de 22 ans et deux hommes de 23 et 33 ans ont expliqué avoir agi sous le coup de l’alcool, de la colère et d’un profond sentiment d’injustice.

J’avais besoin de m’exprimer

Cette nuit du 21 au 22 avril 2019, le trio revient d’une manifestation des gilets jaunes à Paris. « On était énervés de tout ce qu’on avait vu, quelqu’un a été éborgné devant moi » raconte Tiphaine, scandalisée par la brutalité policière dont elle a été témoin. C’est elle qui a acheté la bombe de peinture noire, grâce à laquelle les gendarmes remonteront jusqu’à eux. « J’ai pas du tout pensé à la répercussion, j’ai pas mesuré l’impact de ce qu’on a fait. C’est seulement le lendemain que j’ai réalisé, en voyant les réseaux sociaux. Je regrette, je me sens honteuse d’avoir fait ça, on n’a pas réfléchi. Je tiens à m’excuser auprès de la brigade. »

« J’avais besoin de m’exprimer, ça aurait pu être sur n’importe quel bâtiment public, poursuit Julien. C’était une belle connerie. Je regrette, les gendarmes de Landivisiau n’étaient pas visés. » Moins bavard, le troisième prévenu murmure aussi un mot d’excuse à destination des gendarmes.

3 à 6 mois de prison requis

Sur le banc des parties civiles, la maire de Landivisiau Laurence Claisse évoque un « traumatisme » pour sa ville. L’ancien commandant de la brigade de gendarmerie raconte combien il a souffert de cette histoire, lui et sa famille. Il a depuis été muté dans les Côtes d’Armor. Son supérieur de l’époque à la compagnie de Plourin-lès-Morlaix était présent pour représenter l’institution.

Une invitation au suicide, ce n’est pas anodin, ce n’est pas une simple insulte ou un simple outrage

Ces tags sont « une atteinte à toute la société » pour la procureure, qui demande des peines de trois, quatre et six mois d’emprisonnement et 300 euros d’amende pour les prévenus, qui ont déjà un petit casier judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 19 octobre.

Un quatrième prévenu âgé de 37 ans devait lui aussi comparaître pour une série de dégradations commises en avril et septembre 2019 à Landivisiau et Plougastel-Daoulas. Mais son cas a été disjoint, il sera convoqué ultérieurement.

Source : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/suicidez-vous-les-tagueurs-de-la-gendarmerie-de-landivisiau-juges-a-brest-1601913461.

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